Aidez le Japon en vous faisant plaisir!

Un petit billet à l’occasion de la commémoration du premier anniversaire de la catastrophe du 11 mars 2011. Ce message s’adresse moins aux Japonais, qui font preuve de tant de dignité et de courage et vers qui mes pensées vont chaque jour, qu’aux Français. Je ne vous ferai pas ici de description détaillée des effets du séisme et des avancées des travaux de reconstruction ; vous trouverez toutes ces informations en ouvrant votre journal du matin, ou sur des sites et blogs spécialisés qui les relayeront mieux que moi. Je souhaite juste mentionner ici un commentaire très juste d’Angelo Di Genova qui s’adresse aux voyageurs qui hésiteraient à partir au
Japon :

« C’est aujourd’hui que le Japon a besoin de vous. Pas demain. »

Ces mots peuvent sembler facile à prononcer à l’heure où l’on ignore encore la pleine étendue des conséquences des accidents à la centrale de Fukushima, mais il me semble important de contrebalancer la vision apocalyptique que dépeignent certains médias. Les incertitudes exprimées par les Français au sujet de la sûreté de l’archipel sont bien compréhensibles, d’autant plus s’il s’agit de personnes qui n’y ont jamais mis les pieds. Le séisme de l’an dernier restera gravé dans les mémoires de ceux qui l’ont vécu. Mais il aussi faut garder en tête que c’est le tsunami qui a été particulièrement meurtrier, et que le tremblement de terre aura au final fait relativement peu de victimes lorsque l’on songe à son ampleur. Le Japon est habitué à de fréquentes secousses et dispose de technologies parasismiques remarquables, sans doute les plus efficaces au monde. Je vous incite à lire le livre Les Japonais de Karyn Poupée, ou l’article que j’avais écrit sur la conférence de Katsuyuki Yakushiji, qui devraient vous rassurer sur les dangers réels que présentent les séismes au Pays du Soleil Levant.

Tohoku 0487

Le mont Bandai (préfecture de Fukushima) en 2009

Les radiations sont hélas plus préoccupantes dans la mesure où il est difficile de déterminer leur impact sur la santé au long terme. Les Japonais n’ont néanmoins pas tardé à développer techniques et instruments pour minimiser les risques. Au final, les personnes les plus concernées sont celles qui vivent et demeureront à Fukushima et dans les préfectures avoisinantes pour de longues années. Les habitants de Tokyo et des autres régions ont moins de souci à se faire, et les risques sont de l’ordre de l’infime pour les voyageurs.

Tohoku 0545

La promenade de Goshiki-numa dans la préfecture de Fukushima

J’ai eu la chance de pouvoir me rendre dans la fantastique préfecture de Kagawa en novembre dernier, grâce aux initiatives de l’association Shikoku Muchûjin. J’ai pu constater que non seulement tout le monde s’y portait très bien, mais que de surcroît les locaux redoublaient d’efforts pour faire passer un merveilleux séjour aux touristes. Touristes qu’ils accueillaient avec beaucoup d’émotion, car le Japon a énormément souffert des désertions et de la baisse du tourisme en 2011. Comme vous pouvez le voir en lisant mes articles, mon voyage fut une expérience inoubliable, forgé de découvertes extraordinaires et de superbes rencontres. Et il m’a fait tellement de bien !

Tohoku 0250

Pittoresque île d’Ogijima sur la mer de Seto, à Shikoku

Je n’ai pas encore eu l’occasion de retourner à Fukushima, mais je compte le faire dès que possible. J’y serais retournée aux lendemains de la catastrophe sans l’ombre d’une hésitation si j’en avais eu les moyens matériels. Devoir rester en France à ce moment crucial a été pour moi une souffrance, et je le regrette amèrement. Parce que la préfecture est l’un des endroits les plus charmants au monde, et que ses habitants ont un sens de l’accueil inégalable. J’y ai tout bonnement passé une grande partie des meilleurs moments de ma vie. J’y compte trois familles qui me considèrent comme leur fille et qui sont devenus mes parents japonais, et tant d’amis qui me sont chers.

Tohoku 0602

Otô-san, mon papa japonais de Kitakata (préfecture de Fukushima), sait profiter de la vie! Devant lui, des pièces fondantes de boeuf de Yonezawa tout juste ramenées de la préfecture voisine.

Tohoku 0570

A gauche: Okaa-san, mon adorable maman et fine cuisinière de Kitakata.
A droite, une employée du sanctuaire Uesugi-jinja (préfecture de Yamagata) qui m’a interpelée avec joie alors qu’elle ne m’avait vue qu’une fois trois ans auparavant!

A vous qui auriez aimé partir au Japon, mais qui vous sentez un peu confus face aux informations contradictoires quant à la situation de l’archipel, prêtez l’oreille à ceux qui y vivent et ceux qui y retournent. Il serait tellement dommage de passer à côté d’une si belle expérience ! Allez à la découverte de ce pays si aimable ! Je vous garantis que vous ne le regretterez jamais. J’espère qu’à l’avenir les privations seront plus dues à la conjoncture économique qu’à de quelconques craintes liées au 11 mars… Les Français ont suffisamment boudé le Japon (-36% d’affluence en 2011). Que 2012 soit favorable aux échanges franco-japonais!  

Tohoku 9770

Taoka-sensei vous attend avec le sourire à Takamatsu (préfecture de Kagawa) pour partager avec vous les subtilités de la cérémonie du thé!



7 commentaires

  1. Kimon wrote:

    Excellente suggestion ; je vais me promener dans le Tohoku en avril.

    Je crois que la légende « Teshima » est fausse : c’est Ogijima, en fait. J’y étais en novembre, je confirme que c’est très pittoresque

  2. Très beau post Julia.

    Sinon comme mon prédesseur, je me dois de te corriger, il ne s’agit pas de Teshima, mais d’Ogijima. ;-)

    Sinon Kimon, vous dites connaître Ogi ? Des détails ?

  3. silia wrote:

    j’y suis allée en novembre 2011 et je ne rêve que d’y retourner vite

    y aller c’était ma façon d’aider un peu ,y retourner c’est une nécessité pour moi il me reste tant d’endroits à y voir

    je précise que je suis vieille (60 ans) que j’ai voyagé seule durant un mois et que c’était merveilleux

     

  4. Kimon wrote:

    J’ai passé une bonne demi-journée à Ogijima, le temps de voir le phare, quelques sentiers, et le village. Certains des emplacement Setouchi Art Festival 2010 étaient fermés, mais le site est
    magnifique ; la combinaison de maisons en bois et terrasses en pierres m’a beaucoup plu. J’ai eu du bol : Onba Factory était fermée, mais quelques oba-san faisaient une démo pour un photographe
    pro, et j’ai pu prendre des photos aussi. Il faut encore que je mette tout ça sur Flickr…

  5. @Julia: Pour reconnaître Ogichō (et donc Ogijima) c’est facile, c’est le seul village insulaire du coin qui n’est pas plat (après il y a plein d’autres petits détails, mais il faut connaître).
    Occupé, oui et non. Tu vas rigoler, mais disons que je ne suis pas habitué à bosser 40 heures par semaine, ou plutôt hors de chez moi 40 heures par semaine (c’est un des avantages d’être prof en
    Occident, on bosse pas mal à la maison, pas ici), du coup j’ai l’impression de ne plus avoir le temps pour grand-chose (et la longueur de mes posts s’en ressent sur mes blogs).

    Ce serait bien si tu pouvais passer l’an prochain. Pourquoi pas pendant la Triennale ?

     

    @Kumon: Oui, Art Setouchi était fermé pendant l’hiver, donc la plupart des oeuvres étaient inaccessibles (j’ai pu me rendre à Onba Factory deux fois cette hiver, mais c’est parce j’y ai mes
    entrées ;-)  ). Si tu es toujours dans le coin (tu habites au Japon, ou tu voyageais?) sache que tout réouvre dès mardi prochain. Mais pas pour très longtemps, ensuite j’ai cru comprendre
    qu’Art Setouchi va fermer « définitivement » (en tout cas jusqu’à fin 2013) en préparation de la Triennale et donc de l’installation/construction des nouvelles oeuvres.

    Tu as une présence sur le web quelque part (blog? site?) ou pas ?

  6. Kimon wrote:

    @David : je voyageais. J’ai vécu au Japon quand j’étais tout petit ; maintenant je suis visiteur récurrent. Mes photos sont sur http://www.flickr.com/photos/kimon/ et je suis @gribeco sur
    Twitter.

  7. Yakimono wrote:

    merci pour cet article , j’ai toujours adoré le japon, on apprend beaucoup plus sur ce qui se passe à des kilomètres de nous, grâce à toi, encore merci !