Le Japon doit vivre

Toutes les photos qui figurent dans cet article sont la propriété de mon frère Théo Inisan, que je remercie pour le soutien continu qu’il m’apporte.

 


 

J’ai longuement hésité avant d’écrire ce billet, de peur d’être mal comprise ou que mes mots trahissent ma pensée. Ce qui a
motivé la rédaction de ce texte, c’est cet article émouvant écrit par Kaeru, grande
amoureuse du Japon. Je ne vais pas vous cacher plus longtemps que nos pensées diffèrent fortement autour de la question : que signifie voyager au Japon après Fukushima ? Je ne
peux réprimer le désir de répondre ici aux arguments poignants qu’elle a évoqués. Veuillez néanmoins garder à l’esprit que je respecte entièrement la sincérité des propos de Kaeru et son
initiative, malgré la divergence de nos opinions, et je vous encourage à lire son blog avec assiduité !

 

Fukushima : où se trouve la vérité ?

Après l’accident nucléaire qui a dévasté la centrale de Fukushima Daichi et ses environs, Français comme Japonais se
demandent à juste titre quelles seront les conséquences de cette catastrophe. Difficile de se fier aux bilans édulcorés fournis par les autorités officielles, ou aux messages rassurants diffusés
par les industriels ! Les conséquences sont déjà pourtant dramatiques sur toutes sortes de plans : santé, moral, environnemental, économique… Et il est probable
que personne ne puisse à l’heure actuelle mesurer toutes les répercussions du sinistre. Nous avons bien hélas un précédent avec l’accident de Tchernobyl, mais le contexte était sensiblement différent, ne serait-ce qu’au
niveau géographique, et nous ne pouvons affirmer que le sort de Fukushima sera identique à celui de sa malheureuse consœur ukrainienne. Une chose est sûre, les habitants de Fukushima et des
préfectures voisines
ont déjà commencé à payer le prix de cette catastrophe générée par l’Homme.

03Le mont Bandai dans la préfecture de Fukushima

Face à la difficulté d’évaluer avec exactitude la situation, il est impératif de ne pas oublier ce qui a eu lieu et de
s’informerà l’aide de sources diversifiées.
Il existe en ligne de nombreux sites consacrés à l’observation des évolutions liées à l’accident de Fukushima. Mon but n’est pas de les mentionner tous, mais je souhaite souligner le travail
remarquable fourni par
Les Veilleurs de
Fukushima
. Outre les pages et articles cités par Kaeru dans son article, vous pouvez aussi visiter la section du
Japan Real Time intitulée « Fukushima Watch », qui fournit des indications variées et régulières. Pour
quelques encarts intéressants sur les liens entre l’industrie du nucléaire et la mafia japonaise, vous pouvez parcourir le site Japan Subculture Research Center, même si l’information y est déjà un peu plus orientée.

55Petite grenouille japonaise (アマガエル – amagaeru) dans le jardin de ma famille d’accueil à
Kitakata

Un constat qui peut surprendre est que les Japonais semblent parfois ignorer les dangers auxquels ils font face. Ma propre
famille d’accueil, originaire d’une ville de montagne de la préfecture de Fukushima, m’a dit après le séisme : « Le sol de la salle de bain s’est fissuré, mais tout va bien ! Les
radiations ? Oh, ne t’inquiète pas, nous ne sommes pas les plus touchés ! » Ce n’est qu’une supposition de ma part, mais je ne pense pas qu’il s’agisse d’un déni collectif. Les
citoyens japonais sont évidemment très inquiets au sujet de leur avenir. Il suffit de voir l’indignation et le désespoir sur le visage des parents qui ne peuvent retenir éternellement leurs
enfants à la maison et doivent se résigner à les laisser jouer dehors. Sur Facebook, des Japonais d’habitude discrets quant à leurs opinions politiques protestent avec véhémence contre le
redémarrage des centrales. Dans une culture où le peuple est habitué à prendre son mal en patience (
我慢する – gaman suru), les manifestations s’opposant à l’énergie nucléaire prennent une telle ampleur que l’on évoque maintenant une
« 
Révolution des Hortensias ». Voyez ainsi ce document sur le site de
Kibô Promesse (l’association désapprouvera certainement mon message personnel, mais n’en fournit pas moins un travail méritoire d’information et de
charité!).

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Alors pourquoi les Japonais persistent-ils à vous assurer que « tout va bien ? » Peut-être parce qu’ils sont
peu accoutumés à se plaindre, qu’ils préfèrent aller de l’avant, ou qu’ils n’ont tout simplement pas d’autre choix que de passer à autre chose. On se rappelle avec admiration la pudeur dont
avaient fait preuve les sinistrés que l’on voyait sur tous les écrans l’année dernière. Je vous parlais précédemment d’un recueil de poèmes confectionné par des habitants de Fukushima. Bien
que l’ouvrage ait été conçu pour dénoncer les conséquences de l’accident, les multiples auteurs ont fait le choix de n’écrire que des poèmes positifs. Je crois que cette décision illustre bien
cette grande force des Japonais, qui parviennent à surmonter les obstacles les plus cruels sans se laisser abattre.

 

Ces fous furieux qui vous enjoignent à aller au Japon

J’ai entendu des critiques très vives, venant des fois de nipponophiles des plus respectables, à l’égard des personnes qui
continuent de promouvoir le tourisme sur l’archipel. Pardonnez-moi si je me dépare de toute objectivité dans les paragraphes suivants, mais c’est là un fait qui me touche particulièrement. Car
outre le fait que je sois directement concernée par ces condamnations, elles touchent surtout des amis, en France et au Japon, qui sont parfois mis à l’égal de criminels. J’aimerais pouvoir
ajouter quelques fondations au débat afin d’expliquer les sentiments qui nous animent, moi comme d’autres, à vous encourager à vous rendre sur un sol qui souffre encore des blessures de l’an
passé.

02Le fameux torii de Miyajima

Un argument auquel je m’oppose avec virulence est que soutenir le tourisme au Japon, c’est soutenir l’industrie du nucléaire.
Inutile de vous exposer ici la façon dont je vote, vous aurez deviné que je n’ai jamais marché main dans la main avec Areva (et c’est peut-être dommage pour mon porte-monnaie, soit!). Pas plus
que la mère de famille qui vous prépare votre
okonomiyaki dans une cantine locale ne reçoit de contrat de la part de TEPCO. Les choses ne sont pas aussi simples, même si une économie dynamique
peut effectivement présenter de belles opportunités pour l’industrie du nucléaire. Lorsque je me suis rendue en novembre dernier à Shikoku avec mes compagnons blogueurs, je me suis étonnée du
nombre de personnes qui nous ont remerciés. « Merci ! Merci d’être venus nous rendre visite. Vous savez, nous voyons si peu de nouveaux visages depuis la catastrophe… »
Merci ? Tout le plaisir était pour moi ! Peut-être ai-je tout à fait tort, mais je crois du fond du cœur que
les Japonais ont besoin plus que jamais que l’on vienne à eux. Que l’on ne les traite pas en parias. Que l’on ne qualifie pas leurs efforts d’inutiles. Et que l’on ne contribue pas davantage à faire
de leur maison un lieu de mort et d’oubli.

37Mer intérieure de Seto

Certains guides, accompagnateurs freelance, ou amis résidant de longue date au Japon, font les frais de polémiques qui les
accusent d’être des inconscients, voire parfois des meurtriers calculateurs. Ils feraient leurs choux gras en mettant en danger leur clientèle. Pourtant, aucune de ces personnes de mon entourage
ne fait de réel bénéfice financier de la promotion du tourisme. Il est même parfois très délicat pour eux de joindre les deux bouts. Ce n’est généralement pas une activité que l’on choisit pour
l’argent, mais parce que l’on aime profondément les gens. Quel crève-cœur quand je sais que ces individus que l’on taxe de vénalité sont en vérité des amoureux du Japon et de la France, des pères
et des mères de famille, des passionnés qui investissent des sommes colossales de temps et d’argent afin de faire connaître une culture – la leur ou d’adoption – qui mérite de vivre encore
longtemps.

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Sont-ils pour autant irresponsables ? Souvenons nous ici que dans un archipel qui s’étend en longueur sur plus de 2500
kilomètres, les réalités sont très diverses. Il n’y a certes pas de risque zéro. Mais entre un séjour dans le Tôhoku au nord du Japon et une visite à Okinawa au sud de l’archipel, le danger est
considérablement moindre dans le second cas de figure. Je ne vous mettrais pas en garde outre mesure si vous alliez passer quinze jours dans le Kansai. En revanche, si vous envisagez de vous
installer dans la ville de Sendai, proche de celle de Fukushima, pour les dix années à venir avec vos jeunes enfants, je vous inciterai à reconsidérer soigneusement votre projet. Il est normal,
même sain, que des familles françaises ayant vécu le traumatisme du 11 mars aient remis en question leur volonté de continuer à vivre au Pays du Soleil Levant. Mais je connais également bien des
individus sensés qui ont subi le séisme et qui ont malgré tout décidé de retourner là-bas plus ou moins longuement, parce que cela en valait la peine. Je suis moi-même retournée deux semaines à
Shikoku l’année dernière. Je me porte bien, merci. Je n’ai (malheureusement?!) pas pris plus de risques que lorsque je vais rendre visite à ma famille dans le nord de la France, non loin de la
centrale nucléaire de Gravelines.

 

La culture japonaise n’est pas morte

« Le Japon des animés, le Japon de Miyazaki, le Japon des mangas, le Japon des romans, le Japon à la cuisine
raffinée, le Japon fun et rigolo n’existe plus
 » écrit Kaeru. Voilà une affirmation qui me plonge dans l’affliction. En toute honnêteté, je ne peux dire si ces Japons sont bels et bien
morts, ni même s’ils ont jamais vraiment existé. Avant d’être le Japon des arts traditionnels ou celui des
game
centers
, le Japon est pour moi avant tout le Japon des gens. Je ne parle pas ici de l’élite des
politiciens conservateurs ou des trublions nationalistes qui défrayent la chronique. Non, je parle de ces gens qui se plient en quatre pour vous montrer les bons côtés de leur pays, de ces
familles qui vous accueillent comme si vous étiez liés par le sang, de cet employé qui vous court après dans la gare pour vous signaler que vous pouvez prendre un train moins coûteux, de cette
amie qui vous remercie de lui faire redécouvrir sa culture alors que c’est elle qui a sacrifié ses journées pour vous permettre de voyager, de ces bons vivants de tous âges qui vous racontent en
riant des histoires sans queue ni tête autour de la table d’un bar typiquement japonais…

54Procession de Hanagasa Junkô pendant le Festival de Gion à Kyôto

Le Japon de ces gens-là n’est pas encore mort ! Le Pays du Soleil Levant n’est certes plus aussi candide qu’il l’était
avant le 11 mars 2011, mais peut-on enterrer si vite un peuple qui a su se relever après l’horreur de Hiroshima ? Nombreux sont ceux qui se battent pour préserver ce que leur culture a de
bon, et pour bâtir une société meilleure. Alors par pitié, ne renoncez pas à votre intérêt pour le Japon. Pour les Japonais, mais aussi pour vous. Parce que la culture nippone est tellement riche
et variée que vous y trouverez selon toute vraisemblance votre bonheur. Cela fait maintenant plus de treize ans que j’ai été envoûtée par les charmes de l’archipel, et j’ai le sentiment qu’il me
faudrait plusieurs vies pour pouvoir prétendre « connaître » le Japon. Il y a tant de choses à voir, à faire, à entendre, goûter, sentir…
Vous pouvez prendre le parti de voyager au Japon, en vous informant au préalable(j’estime qu’il est dans tous les cas important de se renseigner quelque peu avant de partir à l’étranger, afin de se d’optimiser son
séjour), de manière responsable. Je ne crois pas que vous ferez de mauvaise expérience. Même si vous décidez de remettre l’aventure à plus tard, n’abandonnez pas pour autant
votre curiosité.

50Le quartier de Shinsaibashi à Osaka

Toutes sortes d’organismes s’emploient à promouvoir en France la culture japonaise auprès de ceux qui ne souhaitent pas ou ne
peuvent voyager. Si vous lisez régulièrement mes élucubrations, vous connaissez déjà l’association Shikoku Muchûjin ; comptez entre autres l’Espace Japon, les sympathiques associations Japon et Culture à Lille et TENRI à Paris, la Maison de la Culture du Japon, le musée Guimet, les
conférences des professeurs de l’Inalco et de Sciences Po, les boutiques Jûgetsudô et Chajin autour du thé, les
innombrables cantines japonaises de la capitale (un excellent petit magazine nommé « Mogu Mogu » est disponible dans certaines d’entre elles et vous aidera à trouver de bonnes
adresses), et les participants du festival Samurai Japon… Ce sont les premiers à me venir à
l’esprit à l’instant, mais il y en a bien d’autres tout aussi méritants. Je ne peux tous les lister ici, et c’est quelque part une bonne chose, qui témoigne de la vitalité de la culture nippone
en France.

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Voici également quelques liens qui vous permettront de suivre les vies de blogueurs qui sont retournés ou retournent au Japon
(notez que ces personnes n’embrassent pas nécessairement mes propos et que je les mentionne ici parce que j’apprécie leurs qualités littéraires et leurs initiatives) : l’incontournable
David d’Ogijima, Horizons du Japon et le blog de Niwatori pour
jeter un œil à ce qui se passe du côté d’Osaka, Béné qui devrait bientôt nous donner ses impressions sur Fukuoka et ses environs, Asiemutée et ses superbes articles, Florent Weugue l’expert en thés, les photos et textes brillants de
Stéphane Barbery, les reportages pleins d’humour sur En Direct de Tokyo, et enfin la rédactrice de
l’Empereur et le Papillon, qui ne réside pas actuellement au Japon mais dont l’enthousiasme pour la culture japonaise me remplit de joie à
chaque article. Encore une fois, je m’excuse de ne pouvoir tous les faire figurer ici. La communauté nipponophile française peut se vanter d’avoir beaucoup de sites de qualité.

 

 

Voilà, j’arrête ici mes tirades, soyez indulgents envers ce billet plus subjectif que d’habitude ! Libre à vous de
continuer à débattre dans les commentaires, tant que cela se fait en toute civilité. La prochaine fois, je tenterai de vous parler d’un sujet moins fâcheux, comme ce qui fait une bonne pièce de
Nô selon le dramaturge Zeami, ou les journaux des dames de Cour de l’ère Heian !  



17 Comments

  1. Eydna wrote:

    Merci pour cet article !

    je ne lis plus les blogs qui parlent des Japanophiles comme criminels.

    Les gens se renseignent et nous aussi nous en sommes reconnaissants, mais comme tu le soulignes, le Japon n’est pas mort. On sait ce que l’on fait, et c’est sur, on y met des sommes colossales
    pour rester ici, pour promouvoir et partager avec d’autres ce que l’on sait de cette culture et de ce pays que l’on aime.

    Tu remarqueras que ce sont les gens qui sont “hors” territoire japonais qui se permettent de nous donner des “conseils” sur notre vie au Japon … Je ne critique pas, mais j’aimerai bien que ces
    personnes, avant de nous juger, qu’elles viennent elles-meme verifier comment c’est vraiment au Japon. Et apres elles pourront se permettre de donner leur avis.

     

  2. Très beau texte.

    Le Japon vivra et si ça doit être sans les paranos de Fukushima, j’ai envie de dire: “bon débarras”. Le seul problème c’est le mal que font certains sites soit disant d’informations (qui sous
    prétexte d’informer ne font que répandre mensonges et propagandes catastrophistes) et qui détournent des gens du Japon). Ça rend notre mission (si tant est qu’on ait une “mission”) encore plus
    importante.

     

    (merci pour la mention, ça me touche que tu me considère comme “incontournable”)

  3. Angelo wrote:

    Comme David, ça me fait plaisir d’être mentionné dans ton article.

    Le sujet de ce dernier est très compliqué. Il faut du courage pour aborder ce thème. Sache en tout cas, que je me suis retrouvé dans beaucoup de tes arguments. 

    Merci à toi et merci à tout ceux qui sont là !

  4. 海子Okasan wrote:

    – Okasan?

    – Oui?!
    – Il est joli ton
    bouquet champêtre!
    – Merci, mon Ami. Sais-tu à quoi je
    pense?
    – Non, mais je m’apprêtais à te le demander
    – Et bien, chaque petite fleur, représente un ami blogueur que je suis, 
    parce que j’apprécie ce qu’il raconte! Alors, toutes ces petites fleurs différentes,
    sont très importantes pour moi. Je les connaît chacune très bien et elles 
    me sont devenues familières!
    Chacune me livre ses secrets, ses inquiétudes, ses joies, ses coups de coeur, ses
    trouvailles, ses passions… C’est un vrai plaisir d’écouter ce qu’elles ont à dire!
    Pour chacune, ce qu’elle a à dire est IMPORTANT. Alors, je les écoute!
    – Et que fais-tu de ce que tu entends, Okasan?
    – Eh bien, je grandis! Je m’améliore! J’apprends! Je souris! Je m’émeus!
    Parfois, je leur fait un petit signe de la main pour les encourager à poursuivre, 
    leur dire merci pour les contenus passionnants qu’ils partagent …
    – C’est le cas?
    – Oui, c’est le cas!
    Aujourd’hui, nous sommes là, pour dire à Julia, que le COQUELICOT au
    milieu du bouquet, représente le JAPON
    que nous aimons, chacun à sa manière et que nous TOUS ENSEMBLE, autour de lui, LE SOUTENONS, chacun à sa
    façon!
    – C’est tout?
    – Oui, mon Ami, c’est tout!
    Sais-tu qu’à mon réveil ce matin, entendant la mer j’ai écrit ce qui suit?
    – Oui, je t’ai vu sortir ton carnet et écrire.
    – C’est comme un poème, vague, imagé, dont le contenu aborde l’état d’esprit de cette page.
    J’aimerai qu’il soit compris … Tout au moins, mon intention et ce que je ressens pour Julia et
    tous les autres… Je comprends chacun d’eux. Alors, le voici:

    “DIRE CE QUE L’ON PENSE”

    Comme les vagues
    de la mer
    qui racontent
    et murmurent
    et après?
    RIEN!
    De l’écume
    qui se dissipe
    et transforme!
    De l’écume
    qui arrive,
    qui se perd,
    que les mouettes
    s’empressent
  5. 海子Okasan wrote:
    Il me semble que le texte n’apparait pas complet…
    Oups, le voici à nouveau 
    “DIRE CE QUE L’ON PENSE” 

    Comme les vagues
    de la mer
    qui racontent
    et murmurent
    et après?
    RIEN!
    De l’écume
    qui se dissipe
    et transforme!
    De l’écume
    qui arrive,
    qui se perd,
    que les mouettes
    s’empressent
    de raconter
    elles aussi
    et à nouveau,
    les vagues
    recommencent
    à raconter,
    à murmurer,
    l’écume à dessiner
    des idées,
    perçues par
    les mouettes
    qui crient
    au dessus de la mer
    à qui veut entendre!
    Et après?
    Quelque chose se passe:
    les idées,
    la pensée
    suivent leur chemin
    dans la vie de chacun,
    sans plus appartenir
    uniquement 
    à la Mer!

    – 海子Okasan –
  6. Bonsoir Julia,

    merci infiniment pour ce billet très remuant. Je ne suis jamais allée au Japon. Les années passant, et découvrant petit à petit les merveilles, sur différents plans, de ce pays, j’y pense
    pourtant. Et donc, l’opinion de francophones éclairés par leur grande connaissance du Japon et de sa situation présente, comme toi, comme Kaeru dont j’ai aussi lu le billet, sont très
    importantes.

    J’avoue avoir pris un petit coup de massue avec le billet de Kaeru justement, que je trouvais extrêmement émouvant aussi, mais bien plus pessimiste, et sans me décourager, cela compliquait mes
    réflexions et rêveries (plutôt au stade de la rêverie, avouons) sur d’éventuels séjours au Japon. Puis le tien est arrivé et je puis confirmer qu’il est vraiment remotivant, et qu’il a su toucher
    juste.

    Bien sûr, il est très difficile, depuis la France, de se faire une idée exacte de la situation réelle post-Fukushima. Cette catastrophe que beaucoup ici ont déjà relégué bien loin dans
    l’actualité, nous n’en avons que des échos. Je ne m’estime donc pas spécialement bien informée sur le sujet, seulement j’essaie de suivre des fils indépendants, et globalement le contenu révèle
    quand même des choses passablement dramatiques. Je n’ai jamais lu, cela dit, sur les quelques sources que je tente de suivre, des conseils indiquant de ne pas ou plus se rendre au Japon, ce n’est
    pas ce que je veux dire. Je voudrais simplement te demander, ainsi peut-être qu’à David qui a commenté plus haut et qui semble avoir un avis bien tranché sur la question, quelles sont les sources
    d’information que vous suivez et en lesquelles vous avez confiance.

    Ici je suis fidèlement Le blog de Fukushima, de Pierre Fetet ; les infos transmises sur Twitter par @janickmagne, militante EELV ; et puis, de loin en loin, les fils des Veilleurs de Fukushima,
    et pour le côté français, de la CRIIRAD, de l’ACRO ou du Réseau Sortir du Nucléaire. Mais en te lisant et en lisant le commentaire de David, j’ai réalisé que je n’avais pas de retour, de
    personnes autrement plus connectées que moi dans le Japon IRL, sur toutes ces sources (et de fait c’est la première fois que je lis qu’il pourrait s’agir de paranoïa, ainsi cela m’intéresse).

    Bon, voilà, je voulais te remercier en tout cas pour ce très beau billet. J’apprécie beaucoup ton blog (que j’ai découvert il y a peu via Fujijardins, dont je suis très fan), en particulier ton
    écriture très soutenue, plutôt rare sur internet, et la sincérité de ta démarche – ça fait très nouille de dire ça comme ça, mais là je n’ai rien qui exprime mieux mon impression ! Ah et dernière
    chose, je suis assez impressionnée que tu apprennes le chinois en plus du japonais, je ne sais pas comment tu t’y retrouves mais bravo ^_^

    Bon, après ce concert de louanges ;), pas grand chose à ajouter si ce n’est que, pour en revenir à Fukushima un instant, il y a un documentaire en cours de montage, dont le teaser m’a
    profondément touchée, et qui fait appel à participations pour permettre sa finalisation. Il s’intitule “Printemps à Hanamiyama”, peut-être en as-tu déjà entendu parler, si cela t’intéresse j’ai
    posté les liens correspondants sur mon blog (avant-dernier billet ; ce n’est pas du tout pour forcer les visites, hein, et on n’est pas obligé-e de s’y pencher, bien sûr, mais juste pour tenter
    de diffuser l’existence de ce projet, parce que dans mon entourage personnel et professionnel, force est de constater, l’écho est plus que faible).

    J’ai fait assez long ! A bientôt de te lire, bonne suite à toi

    Fa

  7. Eydna wrote:

    En fait beaucoup de gens pensent que le Japon est petit, ils n’ont pas une idée précise de la taille de cet archipel, qui est en fait bien plus long et large que l’on imagine.

    On sait ou on met les pieds et ce qu’on doit faire, et heureusement !  (tout le Japon n’est pas pollué, et on trouve facilement des infos sur internet des endroits ou l’air est plus pollue
    ou non)  (quand je vois que des blogs se dechainent a chaque fois qu’ils entendent qu’un seisme a touche le Japon, savent-ils que chaque jour des séismes, aussi faibles soient-ils, frappent
    le Japon ? http://www.jma.go.jp/en/quake/quake_local_index.html)

    Le risque zéro n’existe pas, mais c’est partout pareil, et d’ailleurs je lis souvent les rapports de Greenpeace, et celui la en particulier a retenu mon attention : http://energie-climat.greenpeace.fr/graves-anomalies-detectees-sur-les-piscines-de-combustibles-de-8-reacteurs-francais

    Apres on
    n’en finit plus sur le probleme du nucléaire, etc…

    J’ai ma propre opinion sur ce qu’il se passe ici, mais ce n’est pas parce que je n’en parle pas sur mon blog que je suis inconsciente et que j’amene les gens au danger. Chacun est libre de faire
    et de penser ce qu’il veut.

     S’informer c’est une chose, s’affoler et affoler tout le monde en est une autre…

    Merci a toi en tout cas :)

  8. 海子Okasan wrote:
    ✿ Ton
    absence 

    La libellule
    où se posera-t-elle?
    Le vent l’emporte!
    – Haïku 海子 –

  9. Seb wrote:

    Salut,

     

    Bon ba ça fait longtemps que se billet est écrit et je me décide enfin à le lire. Très beau billet reflétant merveilleusement l’amour qui nous anime pour se pays.

     

    Au passage, dommage qu’il n’y a pas eu de nouveau billet depuis !

     

    Un hors sujet, peux-tu me dire (par mail si c’est long n’hésites pas) ce qui il y a 13 ans précisément à fait débuter ton amour pour ce pays que je n’arrive plus à décrire tellement il est riche
    de particularités !

     

    Pour moi je ne sais plus ce qu’il s’est passé ni quand ce pays m’a envouté ! 

  10. Xavier Nast wrote:

    Je pense qu’Evdna et d’autres qui habitent au Japon doivent encore s’informer un peu plus pour
    pouvoir imaginer la suite de l’avenir à venir, à l’avenir :


    “qui cherchent à faire avancer les choses en trouvant des
    solutions.”???

  11. Xavier Nast wrote:

    @Aizen ton commentaire est parfait, cependant la compréhension des uns et autres est bien différente
    suivant les croyances initiales ou l’imagination que chacun a élaboré fonction de son raisonnement propre. Chacun sa logique et c’est bien la que les avis divergent et les incompréhensions
    mutuelles émergent.

  12. Xavier Nast wrote:

    愛染 en 630 jours, je desespère de convaincre qui que ce soit, les gens doivent être touchés
    personnellement pour commencer à comprendre et encore. Dans les séquences de l’imagination des gens il y a des sous programmes d’inhibition, qui nous font certainement
    défaut.

  13. Xavier Nast wrote:

    Remarque 12 ans après Tchernobyl, j’étais comme la plupart, insouciants, pas informés, ne
    cherchant même pas à m’informer, c’est bien les physiciennes  Docteur ès Nucléaire de la Cogema, qui m’ont fait réfléchir et entamer une démarche de compréhension. Qui se résume à la
    p
    rojection d’un petit atome  He4 qui se désorbite d’un plus gros  Pu239 et qui percute
    des molécules de l’ADN des cellules environnantes, certaines cellules meurent mais mais d’autres  sont blessées  et les ADN s’auto réparant de manière hasardeuse.
    Je maudis cettte rencontre, car aujourd’hui je serai encore aussi  impavide que la grande majorité.

  14. Aizen wrote:

    Je viens de lire ton billet, et les mots se bousculent dans ma tête. C’est rare de pouvoir lire ce type d’article sur des blogs Japon. Et c’est ce que j’ai longtemps regretté entre 2011 et 2012.
    Plus d’un an et demi maintenant, et j’ai l’impression d’avoir parcouru des km et des km sur la toile pour chercher chaque jour de quoi alimenter ma veille sur Fukushima. 

    Je voulais comprendre ce qu’il se passait. Je voulais évaluer, même à taton, ce qui allait advenir comme conséquences sur l’homme et sur l’environnement. Se rendre à des conférences, à des
    manifestations était le point de départ.

    Et parce qu’on nous a menti pour Tchernobyl. Je m’étais juré que cette fois, il ne fallait pas se laisser faire, et être vigilents. Mais bien souvent, j’ai été déçue lors des manifestations : je
    ne pouvais m’empêcher de me demander “où étaient tous ces gens qui se disaient aimer le Japon”. Je n’ai vu souvent que des personnes d’âges mûrs. Où étaient les jeunes qui s’intéressent
    réellement au sujet…?

    Autrement, faire de la veille fatigue le corps et l’esprit. ça semble anodin comme ça, mais c’est éprouvant mentalement, et on s’impeigne malgré nous de tristes faits de l’actualité que l’on
    n’invente pas. Nous sommes souvent révoltés chez les veilleurs, par les infos que nous découvrons.

    On nous taxe souvent de catastrophistes, mais au final, nous faisons le sale boulot que les médias et les autorités ne font pas suffisemment : aller chercher ce qu’on nous cache: 

    Détournement de fonds, pots de vin, mensonges, censures, harcèlement de journalistes, meurtres, propagande, mafia, non assistance à population en danger, falsification et effacement de DADAS,
    sous-traitances illégales, crimes de propagation de denrées radioactives…tout y passe!

    Il y a de quoi être en COLERE!

    Il m’arrivait de ne plus en dormir la nuit. Je correspondais avec de nombreux citoyens de Fukushima écoeurés, décomposés de tristesse, et durant des mois, j’ai écouté en coulisse, sur skype ou
    par mails leur désarroi, leurs peurs, leur désespérance, car tous ne se taisent pas…

    Je suis aussi proche de Iori Mochizuki, auteur de Fukushima Diary. Il a son caractère, il n’est pas toujours facile à appréhender, mais il a fait le choix d’évacuer hors du Japon et bien souvent
    il est en proie à une grande solitude face à de virulentes critiques ou à l’incompréhension à son égard…

    Je respecte son choix d’être parti. A ce jour, il est certainement l’un des veilleurs en source japonaise, qui soit des plus assidu et engagé pour faire le point sur la réalité de Fukushima au
    jour le jour…(Ex SKF est aussi un des veilleurs japonais les plus actifs. Lui non plus ne vit pas au Japon.)…

    Quand on pense à tous ses enfants laissés pour compte, obligés de vivre en zone contaminée, ça me donnait juste envie de vomir… le gouvernement ne les a pas aidé, il n’a même pas distribué les
    pastilles d’iode stable ou informé via les DATA du SPEEDI pour porter secours à la population…non ils n’ont rien fait!

    Comment continuer à avoir du respect pour cette autorité? C’est impossible!

    En tant que japonais, comment ne pas être déçu? Je me sens toujours aussi trahie par mon propre pays ! Tout ce en quoi je croyais, ce que j’ai appris par leur biais n’ont été que mensonges !

    Que vont devenir tous ces gens? Cette question, il n’y a pas une seule journée où je ne me la pose pas.

    Les conséquences sur leur organisme va leur être fatales. Ce n’est qu’une question de temps. Je redoute personnellement ce moment là…

    Et j’ai cherché…! 

    Il faut avoir de la volonté, pour se taper des centaines de rapports scientifiques sur la morbidités, les symptômes, les déformations des foetus, les maladies cardio-vasculaire radio-induits par
    le cesium 137…je ne suis évidemment pas attirée par ce type de lecture. Evidemment que ça me dégoûte, mais le faire permet d’anticiper et de comprendre ce qu’il se passe sur le terrain.

    Que faire quand un ami (qui habitait Nihonmatsu quand la centrale à explosé) me dit qu’il a régulièrement mal à la poitrine, et va depuis voir un cardiologue? Que lui dire quand il me confie
    qu’il a peur d’en mourir? 

    Il n’y a pas que Tchernobyl qui peut servir de référent. Car les cas de contamination chez les victimes des essais nucléaires peuvent aussi aider à comprendre beaucoup de choses sur les symptômes
    des japonais…

    Comment les aider, comment leur venir en aide? Nombreux sont les parents de la région du Tôhoku qui disent vouloir protéger et évacuer leurs enfants…je me sentais impuissante, tout ce que je
    pouvais faire, c’était de les écouter. Témoigner, il me restait cela, veiller, écrire pour archiver le présent… 

    Il y a eu aussi de l’espoir, grâce à toutes sortes de mobilisation citoyennes…Celles du réseau de famille d’accueil en est un exemple de générosité…

    En effet, Gérard Manig, un citoyen français d’une grand bienveillance a su créer en 2011 un réseau de famille d’accueil en France, afin d’inviter des mères ainsi que leurs enfants à venir se
    ressourcer pour faire le point dans leur vie. 3 mois ça peut paraitre court, mais ça peut être crucial quand on est sur les rotûles, entre la fatigue physique et psychique…

    Faire quelque chose, même si ça parait dérisoire.

    Je ne pense pas être la seule à avoir cette colère sourde en moi qui me motive à ne pas me taire, bien que ça ne plaise pas forcément à tous les japonophiles qui pensent que “ça fait du tort au
    Japon”. Le Japon se fait déjà du tort lui même à cause de son gouvernement et des politiciens fascistes. Ce serait trop facile de critiquer ceux qui osent dire les choses avec franchise. L’amour
    ne rend pas toujours aveugle. 

    Je ne pense pas que ne rien dire soit bénéfiques non plus à l’heure actuelle. Et je te rejoins quand tu dis que l’inquiétude est légitime. Comme l’exorciser si nous n’en parlons pas entre nous?

    Moi j’ai décidé d’en parler, même si ça ne plait pas à tout le monde. Ma priorité, actuellement, ce n’est pas de m’imaginer quelle magnifiques vacances je vais pouvoir passer au Japon. Je n’ai
    probablement pas du tout les mêmes motivations que les touristes ordinaires. Mais si je dois retourner au Japon, ce sera pour voir d’abord ma famille. Mais j’aimerais un jour aller à Kyoto pour
    remercier, entre autre, le professeur Koide Hiroaki. J’aimerai lui témoigner ma gratitude pour tout ce qu’il fait pour aider son pays. Pour rencontrer quelqu’un comme lui, oui, je suis prête à
    faire 16 000 km!  

    D’autres amis comme Ryoma (fils d’Elisabeth Takeuchi), La journaliste Yûki Takahata (Yosomono.net), Tarô Yamamoto, Wataru Iwata (CRMS), Bruno Chareyron (Criirad), Janick Magne (ex-candidate EELV
    pour l’asie oceanie japon), Pierre Fetet (du blog de Fukushima), et bien d’autres ont ressenti ce même dégout, cette même colère, ces mêmes inquiétudes contre tepco et les autorités japonaise,
    contre tous ceux qui font du déni, contre cette mafia rampante qui va chercher dans les plus basses classes sociales, chez les désespérés, de quoi renflouer les effectifs ouvriers à la centrale,
    contre tous les gens indifférents qui semblent être pris dans une profonde léthargie…

    Nous les veilleurs, n’avions d’autres choix que d’extirper cette colère, non pas pour taper sur ceux qui retournent au Japon, mais pour expliquer pourquoi il faut communiquer autour du Japon
    et sur cette réalité post accident de Fukushima pour combattre la censure et l’oubli.

    Si nous, citoyens de ce monde, ne le faisons pas MAINTENANT, qui va le faire à notre place? 

    Nous ne pouvions pas seulement nous tourner vers des choses positives, car il fallait être réaliste, il fallait anticiper les évènements à venir, pour réfléchir ensemble sur le futur à court et à
    moyen terme. même si c’est dur, même si ça ne fait pas plaisir à entendre, nous devions dire les choses comme elles étaient. Car il ne suffit pas de se focaliser sur le positif pour faire
    disparaitre les problèmes de contamination de la chaine alimentaire, de l’eau, des incinérations des débris contaminés malgré le refus catégorique de la population. Il en est de même pour les
    redémarrages forcés…

    Le positif a t-il réussi à empêcher tout cela? NON!

    Alors voilà,  “Y a t-il un risque à voyager au Japon” est loin d’être ma préoccupation principale. C’est comme si on me disait : “y a t-il un risqu

  15. Aizen wrote:

    Alors voilà,  “Y a t-il un risque à voyager au Japon” est loin d’être ma préoccupation principale. C’est comme si on me disait : “y a t-il un risque à pratiquer un sport extrême?”. Un adulte
    majeur et raisonné doit pouvoir faire ce choix par lui même. Mais il est important que l’individu en question sache exactement de quoi il en retourne: d’où l’importance d’informer, de ne pas
    minimiser.

    Car ce n’est pas anodin de manger quand on ne sait pas ce qu’on a dans nos assiettes. Il n’est pas anodin non plus d’y emmener nos enfants, car ils ne l’ont pas choisi. Encore faut-il se demander
    où nous allons: évidemment que voyager à Okinawa ne représente pas de risques ! 

    Ce que je n’apprécie pas, ce sont ceux qui poussent à faire du tourisme sans prévenir un minimum de ce qu’il se passe actuellement. Je ne serai pas en colère si je n’avais pas vu des personnes
    qui encourageaient carrément d’aller dans le Tôhoku en minimisant totalement les faits réels. 

    Au Japon, on encourage les gens de Tokyo, d’Osaka ou d’ailleurs à “soutenir en mangeant” des aliments en provenance de Fukushima! Indéniablement, règne actuellement au Japon une ambiance
    sous-jacente qui encourage au déni. Si cela s’était passé en France, les gens se seraient scandalisés de voir ça!

    Et nous, on devrait trouver ça normal?  

    Certains parlent de “paranoia de Fukushima”. Mais ceux qui parlent en ces termes n’ont rien compris au combat mené dans le monde entier par ceux qui tentent désespérément de dénoncer tout cela!
    Car personne, absolument personne ne peut savoir ce qu’il a dans son assiette à moins de le mesurer avec un scintillateur de becquerels. C’est triste, mais cela doit rentrer dans les moeurs, sans
    quoi les gens vont cumuler la contamination interne dans leur organisme!

    Après cela comment ne pas s’inquiéter pour sa famille et ses proches? 

    Etant née à Tokyo, ayant de la famille et de nombreux amis sur place, cette réalité a été pour moi un énorme choc .Pensez vous qu’ils font tous attention? En réalité ils ne le peuvent pas! C’est
    cela, le malheur du Japon d’aujourd’hui.

    Je n’habite plus le Japon depuis déjà des années, mais pour moi ce pays a toujours été “la source”, mon “chez moi”, un lieu empreint de nostalgie et de merveilleux souvenirs. Jamais je ne me suis
    dit que je n’y retournerai jamais. Evidemment que je vais y retourner. 

    MAIS.

    Et ce “mais”, c’est ce en quoi je me suis retrouvée dans l’article de Kaeru. C’est que ce Japon là, que j’ai connu n’existe plus, dans le sens où plus jamais je ne pourrais y retourner
    innocemment, avec légèreté comme avant…

    Pour moi, ce que je ressens est d’une incommensurable tristesse. D’apparence, les choses sont les mêmes, seulement ce n’est que de l’apparence. J’ai vu des familles évacuer, j’ai vu des couples
    s’entre déchirer car tous n’avaient pas le même avis sur “ce qu’il fallait faire”…les enfants toujours à souffrir au milieu de tout ça…

    Et je ne peux me réfreiner d’avoir mal pour tout ce gâchi dans le Tôhoku : cette mer sur la côte pacifique, ces terres souillées pour au moins 300 ans à cause du cesium et bien d’autres isotopes,
    ces rizières impropres à la culture, ces rivières contaminées, la faune et la flore qui montre peu à peu des dégénerescences génétiques…

    Pourquoi? Pourquoi tout cela? J’en ai pleuré des litres et des litres de larmes. Maintenant mes larmes sont sèches. Il me reste encore et encore de l’amour pour le Japon. 

    Je termine en disant que l’association Kibô-Promesse n’a rien à redire sur ton article, si ce n’est un “merci d’avoir écrit sur le sujet, à ta façon”.

    En espérant que ça ne sera pas la dernière fois. 

     

    Amicalement. 

  16. 海子Okasan wrote:

    Merci Julia ♥

    Je suis vraiment très heureuse d’avoir de tes nouvelles!

    J’attends l’arrivée de ton prochain billet (✿
    ♥‿♥)
     Et pour ce qui est de l’apparence de ton blog, tu n’as aucune crainte à te faire! Ca sera réussi!

    À bientôt ✿

  17. Yakimono wrote:

    c’est vrai, le japon doit vivre , et le japon  vivra ! la culture japonaise est tellement riche qu’elle attise beaucoup la curiosité