K-On!! à Kyôto

Faut-il encore présenter « K-On!« , série d’animation japonaise qui a commencé en 2009 et suit les aventures (ou était-ce l’absence d’aventures?) de quatre lycéennes (ou étaient-ce quatre élèves de primaire?) appartenant au même club de « musique légère » ( 軽音 – kei-on). L’autre jour, alors que je regardais un épisode du très bon « Kûchû Buranko« , mon attention a été attirée par une vidéo qui semblait présenter un paysage de Kyôto. Je me suis ainsi retrouvée à regarder le quatrième épisode de « K-On!! », deuxième saison de la série. Vous savez déjà probablement l’admiration sans borne que je voue à ces parangons de la niaiserie que sont les filles de K-On. Je vais donc m’abstenir de faire la critique de l’épisode en question. Je me contenterai juste de dire qu’en dehors de Tsumugi, les héroïnes semblaient de jamais avoir bu de matcha. Un Japonais qui ne connaît pas le matcha, c’est comme un Français qui n’a jamais bu de vin. C’est triste. Mais là n’est pas la question, je souhaitais vous montrer quelques photographies prises aux endroits qui ont inspiré les scènes  de cet épisode. Vous n’ignorez sans doute pas que de nombreux décors d’anime sont créés à partir de photographies de lieux existant réellement. Les fans se plaisent à y effectuer des pèlerinages, comme la blogueuse Exelen qui s’est rendue au village de Shirakawa-go, théâtre des évènements de l’anime « Higurashi no Naku Koro Ni« . Pour ma part, il se trouve qu’au moment où j’ai visionné l’épisode de K-On, j’avais déjà pas mal de photographies des lieux évoqués. Mais étant donné que je ne me suis pas rendue intentionnellement dans les temples pour comparer réalité et fiction, les images ne correspondent pas exactement aux points de vue depuis lesquels elles apparaissent. Oh, well.

Shogakusei

Twelve? Moi j’aurais plutôt du mal à leur donner plus de six ans…

La gare de Kyôto ( 京都駅 – Kyôto-eki)

Dans cet épisode palpitant les quatre amies partent en voyage scolaire, voyage scolaire dans son format le plus classique: Kyôto et auberge traditionnelle ( 旅館 – ryokan). J’ai fait à peu près le même quand j’étais au lycée, mais en plus amusant, et sans que l’on nous fasse asseoir en plein milieu de la gare comme si l’on était des enfants désobéissants. La gare, parlons-en. Je vous passe les ébahissements des demoiselles en apercevant le mont Fuji. Elles arrivent donc à la gare de Kyôto en empruntant le Shinkansen, le TGV japonais. Il existe trois types principaux de Shinkansen: le Kodama (le plus lent), le Hikari et le Nozomi (rapide comme l’éclair). Le Nozomi est vraiment superbe avec son museau pointu. Mais il est réservé aux porte-monnaie renflés: un simple aller de Kyôto à Tôkyô peut facilement excéder les 100 euros. En sortant de la gare, impossible de manquer la tour de Kyôto et ses 131 mètres de hauteur. Sauf quand on s’appelle Laura et qu’on a fait douze heures d’avion sans dormir, mais c’est une autre histoire. La tour est en fait un hôtel qui fait également office d’observatoire.

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On prend le Shinkansen. On ne se refuse rien!

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Le Shinkansen Nozomi: luxe, finesse, élégance.

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Si la Tour de Kyôto est un radis, alors l’Arc de Triomphe est un vuvuzela.

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Cocoline nous fait la promotion de l’édifice!

Le Pavillon d’Or (金閣寺 – Kinkaku-ji)

La première chose que vont voir les musiciennes, c’est bien sûr le temple du bling-bling, le trop célèbre Pavillon d’Or. Je m’explique : la vue sur le pavillon vaut évidemment le détour. Mais, étant souvent envahi par les cars de touristes, il manque quelque peu d’ambiance, surtout que l’on ne peut pénétrer à l’intérieur, et que son jardin est moins charmant que celui du Pavillon d’Argent. C’est le shôgun Yoshimitsu Ashikaga qui a fait bâtir le Kinkaku-ji en 1397 afin d’y passer sa retraite dorée (oui cette blague me fait honte, d’autant plus que l’édifice n’était pas encore recouvert de feuilles d’or à l’époque). L’endroit devint plus tard un temple. Comme l’explique très bien Tsumugi, le monument a brûlé en 1950. Ce qu’elle oublie de rajouter, c’est que c’est un jeune moine ayant perdu l’esprit qui y a mis le feu. L’anecdote sera reprise par Yukio Mishima dans son roman « Le Pavillon d’or« .

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Bling!

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GOLD.

Kitano Tenman-gû ( 北野天満宮)

Yui, Ritsu, Mio et Tsumugi se mettent en route vers le sanctuaire shintô de Kitano Tenman-gû. Il s’agit d’un de mes endroits favoris à Kyôto. Le temple est dédié à Tenjin, qui n’est autre que le personnage historique Sugawara-no-Michizane (845 – 903). Sugawara-no-Michizane était un lettré féru de chinois qui devint Ministre de la Droite à l’ère Heian. Il meurt cependant loin de la capitale après que l’influent clan des Fujiwara se soit arrangé pour le faire exiler. Michizane ne se résigne pas pour autant à son sort et revient sous forme de fantôme provoquer des cataclysmes à Kyôto. Pour appaiser son courroux, on le déifie. Il est désormais vénéré sous le nom de Tenjin, dieu de l’intelligence et des études. Logique que les étudiants viennent prier à Kitano Tenman-gû afin de réussir leurs examens. On y trouve également d’innombrables statues de boeufs, les messagers du dieu. On dit que caresser la tête d’une de ces statues et toucher sa propre tête ensuite rend intelligent. Le sanctuaire de Kitano Tenman-gû a été construit en 947 (aucun rapport, mais je suis en train de me demander si on me déifiera un jour pour apaiser mes crises de colère). Il est connu pour ses centaines de pruniers, ravissants en février. Le temple peut être un lieu très calme les jours réguliers, mais il s’anime à l’occasion de maintes cérémonies: Première Calligraphie de l’année le 2 janvier, Fête des Fleurs de Prunier le 25 février, Fête de Zuiki du 1er au 5 octobre… Il abrite en outre un marché aux puces tous les 25 du mois, où l’on peut faire des aubaines. A moi les kimonos en soie authentique à moins de huit euros!

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Le torii ( 鳥居 – portique sacré) d’entrée de Kitano Tenman-gû

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Le même torii, vu d’un angle différent

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Le petit veau mignon dans l’allée qui mène au sanctuaire

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Caresser sa tête puis faire sonner sa clochette porterait chance

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Oui Ritsu, c’est censé être un endroit connu…

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La porte d’entrée du sanctuaire le jour de Tenjin-san (le marché mensuel)

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Caresser la tête de la vache rend intelligent. Il va falloir frotter longtemps…

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Ce n’est pas la même vache, mais je n’ai pas de photo de celle de K-On, qui existe bel et bien

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Les stands d’amulettes

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Il paraît que les charmes pour la réussite scolaire sont les plus efficaces

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Le bâtiment principal ( 本殿 – honden)

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Beaucoup de personnes viennent prier ici pour Setsubun, le carnaval japonais qui a lieu en février

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Les torii symbolisent le passage vers le monde du divin

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Sur les côtés, on peut accrocher des tablettes votives ( 絵馬 – ema)

Arashiyama ( 嵐山)

Nos héroïnes prennent ensuite le taxi jusqu’à Arashiyama. Le taxi. Ce sont des filles aisées. Arashiyama est une zone pittoresque située à l’ouest de la ville, non loin des montagnes. Le pont qui permet de traverser la rivière Oi se nomme le Togetsukyô, « Le Pont qui mène à la Lune ». Des festivals du plus bel effet ont lieu deux fois par an (en octobre, pour Momiji Matsuri, et en mai pour Mifune Matsuri) sur le cours d’eau. On peut y voir par exemple des figurants ressusciter des jeux raffinés de l’ère Heian, danser et jouer de la musique sur des embarcations à têtes de dragon. Dans les environs, plus d’un temple mérite le détour. Citons entre autres le Tenryû-ji, son beau jardin et sa cuisine végétarienne ( 精進料理 – shôjin ryôri), et le Jôjakkô-ji et sa vue sur la ville. Vous pouvez aller de l’un à l’autre en vous promenant dans une impressionnante forêt de bambous. Et puis il y a le parc à singes, dans lequel se précipitent immédiatement les filles. Il fournit cela dit de bonnes opportunités de prendre des photos des primates puisque ces derniers s’y promènent en liberté. D’ailleurs on se retrouve soi-même dans une cage pour les nourrir (ils sont friands de morceaux de pommes et de cacahouètes), ce que vous avez pu constater dans l’épisode. Les macaques du Japon sont plutôt aimables mais mieux vaut éviter de les regarder droit dans
les yeux. Un ami en a aperçu des sauvages en s’aventurant dans les bois qui bordent le Pavillon d’Argent.

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Les rivières de Kyôto, très propres, sont l’habitat de dizaines d’espèces d’oiseaux différentes

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Pokémon Snap des oiseaux: n°57, la grande aigrette

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Le pont Togetsu, qui « traverse vers la lune »

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Paysage typique d’Arashiyama

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La vue de Kyôto depuis le parc à singes

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A visiter après la naissance des petits singes

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Les cacahouètes: un régime sain et équilibré

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Un singe qui nourrit des humains

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Ces singes auraient pu rendre service au monde entier en dévorant Yui

Sarux

Votre dévouée servante, primate dans son habitat naturel

 



2 commentaires

  1. Youe wrote:

    Je voulais faire la même chose avec la série Kaamelott, mais je n’ai jamais trouvé le temps ni le courage. La correspondance Anime / Réel est vraiment, vraiment frappante (certaines photographies
    sont très jolies au passage). Celles avec les petits singes sont d’école !

  2. Zazen Noir wrote:

    Mais… Mais pourquoi n’ai je pas découvert ce blog plus tot? Ton esprit me fascine!! Tu pars d’un sujet perdu (si si K-on quand même) mais tu finis par m’apprendre , par m’apprendre beaucoup de
    choses! Et j’ai passé un excellent moment à lire chaque ligne! j’explore ce blog dès demain !